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Néo-archaïsme
contemporain
Statement
Néo-archaïsme contemporain prend la forme d’un laboratoire fictif dans lequel se rencontrent techniques primitives, matériaux naturels et fragments issus de notre société contemporaine.
Sur une table sont disposés des silex taillés, outils, contenants, armes, fibres, morceaux de bois ou d’argile. Certains objets semblent appartenir à un passé lointain ; d’autres laissent apparaître des éléments contemporains, récupérés, détournés ou mêlés à des matériaux bruts. Autour, les copeaux et résidus de fabrication restent visibles, comme les traces d’une recherche encore en cours.
L’installation part d’un constat : nos gestes quotidiens sont aujourd’hui largement assistés par des objets, des machines et des technologies dont nous maîtrisons de moins en moins directement la fabrication.
Le projet consiste alors à repartir du geste. Tailler, nouer, sculpter, tresser, assembler, casser, aiguiser : autant d’actions simples qui sollicitent directement le corps et la matière.
Il ne s’agit pas de reconstituer fidèlement des techniques préhistoriques, mais de les réinventer depuis le présent. Les objets produits sont volontairement hybrides et parfois anachroniques.
Cette confrontation entre deux temporalités crée une forme d’archéologie imaginaire : les vestiges d’une civilisation qui aurait dû réapprendre à fabriquer avec ce qu’elle avait sous la main.
À travers cette table d’expérimentation, Néo-archaïsme contemporain questionne notre autonomie, notre dépendance technologique et la place du corps dans notre rapport au monde.
Exhibited
2019 — installation, dimensions variables.
Selected work
La Mêlée
Statement
La Mêlée est une sculpture collective réalisée à partir de déchets issus de l’univers du rugby : maillots, shorts, équipements sportifs usagés et matières plastiques récupérées auprès de plusieurs clubs de la métropole bordelaise et de la région.
Pensée à l’occasion de la Coupe du monde de rugby 2023, l’œuvre reprend l’image de la mêlée comme symbole d’effort collectif, de solidarité et d’interdépendance. Les corps y avancent ensemble : aucun mouvement n’est possible sans l’engagement du groupe. Cette idée constitue le point de départ du projet, à la fois dans sa forme et dans son processus de création.
Près de 200 habitants issus de six quartiers ont participé à la réalisation de l’œuvre lors d’ateliers menés avec la Recyclerie Sportive Bordeaux et Arts d’Eko. Les matériaux collectés ont été découpés, transformés, assemblés et, pour certains, broyés par l’entreprise Pena Environnement afin de devenir la matière même de la sculpture.
Les couleurs, textures et fragments d’équipements restent volontairement visibles. Ils conservent les traces de leurs usages précédents et racontent une histoire liée au sport, aux clubs et à ceux qui les ont portés.
La Mêlée interroge ainsi la manière dont un objet devenu inutile peut retrouver une valeur par sa transformation. Le réemploi n’est pas ici uniquement un choix de fabrication : il devient le sujet même de l’œuvre.
Entre sculpture, projet participatif et démarche de sensibilisation, l’installation met en parallèle deux formes de collectif : celle d’une équipe sur un terrain et celle d’un groupe réuni autour d’une création commune.
Exhibited
Présentée pour la première fois devant le Matmut Atlantique à Bordeaux lors de l’ouverture de la Coupe du monde de rugby 2023.
L’œuvre a ensuite été exposée dans différents lieux de la métropole bordelaise, notamment sur le parvis de l’Hôtel de Ville, place de la Bourse et au parc Palmer.
Selected work
Terres de mémoire
Statement
Terres de mémoire est une installation composée de formes en céramique réalisées à partir de terres argileuses extraites dans le Périgord. Chaque pièce repose sur un amas de matière brute provenant de la même terre, comme si l’objet venait tout juste d’en émerger.
Vases, bols, jarres et amphores renvoient à des formes simples et anciennes, présentes dans de nombreuses civilisations. Avant d’être décoratif, le contenant répond à un besoin essentiel : conserver, transporter, protéger. Ces objets portent ainsi la mémoire de gestes répétés depuis des millénaires.
L’installation cherche à faire coexister deux états d’une même matière : la terre encore informe et la terre transformée par la main. Entre les deux apparaît le geste humain. Modeler, creuser, lisser, assembler deviennent autant de façons d’inscrire une présence dans la matière.
Les argiles utilisées révèlent naturellement des couleurs, des textures et des nuances différentes. La matière n’est pas masquée ni uniformisée ; elle conserve ses irrégularités et les traces de sa transformation. Chaque forme reste ainsi liée au sol dont elle est issue.
Terres de mémoire interroge notre relation à des savoir-faire élémentaires que l’industrialisation a progressivement éloignés de notre quotidien. Il ne s’agit pas de chercher à reproduire un passé idéalisé, mais de revenir à l’expérience directe d’une matière, d’un geste et d’un temps de fabrication.
La terre devient alors à la fois matériau et mémoire : mémoire géologique d’un territoire, mémoire des gestes qui l’ont transformée et mémoire collective des objets que l’être humain fabrique depuis ses origines.
À travers cette installation, le retour à des formes et des pratiques anciennes devient une manière d’interroger notre présent : notre rapport aux ressources, à la fabrication, à la durée et à ce que nous choisissons de transmettre.
Exhibited
2023 — installation, dimensions variables.
Les lieux et dates d’exposition pourront être ajoutés ici si tu souhaites documenter chaque présentation de l’œuvre.
Selected work
Poison en conserve
Statement
Avec Poison en conserve, Robin Gaudillat détourne un objet issu de la consommation courante afin d’interroger la présence diffuse des matières plastiques dans les écosystèmes et, plus largement, dans la chaîne alimentaire.
La série se compose de cinq boîtes de thon dans lesquelles sont introduits des fragments de plastique broyé. Les emballages reprennent les codes visuels familiers de l’industrie agroalimentaire, tandis que la mention « thon au microplastique » vient perturber leur lecture et déplacer l’objet du registre alimentaire vers celui de l’alerte.
L’œuvre repose sur un principe de matérialisation : rendre perceptible une pollution qui, à l’échelle du quotidien, demeure largement invisible. En introduisant physiquement le plastique au contact de l’aliment, l’artiste crée une image volontairement littérale de la circulation de ces matières entre production industrielle, environnement et consommation humaine.
Le choix du thon inscrit plus précisément le travail dans une réflexion sur les milieux marins et sur les phénomènes d’accumulation qui traversent les différentes strates du vivant. L’objet manufacturé devient ainsi le point de rencontre entre plusieurs systèmes : production, emballage, rejet, contamination et ingestion.
Par le détournement d’un produit standardisé, Poison en conserve met en tension deux réalités habituellement dissociées : l’apparente innocuité de l’objet de consommation et les conséquences environnementales liées aux matériaux qui l’accompagnent.
La série s’inscrit dans une réflexion plus large sur les formes contemporaines de pollution et sur la manière dont celles-ci franchissent progressivement la frontière entre notre environnement extérieur et nos propres corps.
Exhibited
2023 — série de 5 boîtes de conserve, 4 × 7,5 cm.
Tu pourras compléter ici les dates, lieux d’exposition, salons ou expositions collectives si besoin.
Selected work
Planète Terre
Statement
Avec Planète Terre, Robin Gaudillat propose une installation composée de quatre globes terrestres récupérés, présentés sur des socles à hauteur du regard. Par ce dispositif, l’œuvre invite à considérer la planète comme un objet à la fois familier, vulnérable et profondément transformé par l’activité humaine.
Le globe terrestre, objet pédagogique et symbole d’une représentation totalisante du monde, est ici détourné et altéré. Réduit à une échelle manipulable, il devient le support d’une réflexion sur la manière dont l’humanité façonne, exploite et affecte son propre milieu de vie.
L’installation s’inscrit dans le contexte des bouleversements écologiques contemporains, largement documentés par les travaux scientifiques relatifs au changement climatique, à l’érosion de la biodiversité et aux transformations globales des environnements. Elle fait écho à une époque marquée par l’Anthropocène, notion qui désigne l’impact déterminant des activités humaines sur les équilibres terrestres.
Chacun des globes met en jeu une altération spécifique, associée à plusieurs problématiques majeures du XXIe siècle : réchauffement climatique, artificialisation des sols, montée des eaux ou encore pollution. Le globe brûlé ou déformé, la matière évoquant le béton, la modification des surfaces terrestres ou l’intrusion de déchets sont autant d’interventions qui déplacent l’objet de sa fonction descriptive vers une dimension critique.
Par cette mise à distance, Planète Terre ne se contente pas de représenter la planète ; l’œuvre en propose une lecture fragmentée, marquée par les signes visibles de sa dégradation. Le spectateur est placé face à une vision condensée de crises systémiques qui engagent autant les milieux naturels que les conditions d’existence humaines.
En transformant des globes récupérés en objets sculpturaux, Robin Gaudillat interroge ainsi notre rapport au monde, à ses ressources et aux modèles de développement qui le redéfinissent. Planète Terre articule une réflexion sur la fragilité des équilibres écologiques et sur la responsabilité collective engagée dans leur altération.
Exhibited
2022 — installation, 30 × 140 cm.
Série de quatre globes terrestres récupérés présentés sur socles.